BIENVENUE a Environment in Guinea



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Friday, May 9, 2008

ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Une nécessité plus qu’une option

En décembre 2009, Copenhague la capitale du Danemark, abritera la 15è conférence Internationale des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Cette conférence sera une opportunité pour les dirigeants du monde entier pour faire avancer les négociations sur la prise en compte des effets du Changement climatique (CC) dans sa globalité ; c’est surtout comme le souhaitent les pays les moins avancés, le moment où jamais de définir l’après 2012 en termes de contraintes pour les pays responsables du réchauffement de la planète.
En effet, selon les meilleures estimations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les températures moyennes à la surface de la terre augmenteront de 1,8 à 4,0 °C d’ici la fin du siècle, a cause principalement des émissions anthropiques de gaz a effet de serre. De telles élévations de température auront des conséquences importantes au sein des différents systèmes physiques et biologiques de la terre.
Les prévisions du 4è rapport du GIEC en termes d’impacts sont aussi très alarmantes pour le continent africain. En effet, elles indiquent à l’échéance 2020 que 75 à 250 millions de personnes seront exposées à un stress hydrique lié au CC. Dans beaucoup de régions et pays africains, la production agricole devrait être sévèrement affectée par le CC. Les zones cultivables, la longueur des saisons de croissance et le potentiel de rendement devraient diminuer, en particulier dans les zones arides et semi arides. Dans les zones côtières, les coûts d’adaptation pourraient représenter au moins 5 a 10% du Produit Intérieur Brut. Les mangroves et les récifs coralliens devraient se dégrader encore, ce qui aura des conséquences sur les pêches et le tourisme. La vulnérabilité de l’Afrique est surtout accentuée par une pauvreté endémique, des infrastructures défaillantes, un degré élevé d’analphabétisme et les conflits de diverses natures.
Pour les pays les moins avances (PMA) qui sont les plus vulnérables et dont la majorité se trouve en Afrique, l’attention doit être portée sur l’adaptation pour deux raisons : premièrement il n’y a aucune certitude scientifique sur le fait que même si toutes les émissions de gaz a effet de serre (GES) sont arrêtées, les catastrophes naturelles vont s’arrêter aussi car les processus naturels de la planète ont été entamés. Deuxièmement, les mesures de mitigation mises en place peuvent aboutir tout comme elles peuvent ne pas aboutir. Il faut donc que les populations vulnérables soient préparées à faire face a une mitigation inadéquate qui n’aurait pas donné des résultats escomptés.
Au vu de ce qui précède, les prochaines négociations dans le domaine des changements climatiques au cours des mois à venir sont plus que décisives. Quelques rappels s’imposent à ce niveau.
En effet, la prise en compte des effets du CC sur le devenir de la planète obéit à deux stratégies distinctes mais complémentaires : la science à travers les rapports du Groupe d’experts Intergouvernemental d’évolution du climat (GIEC) et la CCNUCC qui regroupe toutes les parties prenantes impliquées dans le processus afin de trouver des solution idoines, notamment par la réglementation du secteur.
En 1990, le GIEC a publié son 1er rapport dans lequel il attirait l’attention des dirigeants du monde sur les perturbations des cycles naturels de la planète par les activités humaines, notamment par l’émission des GES. En réponse à cela, la CCNUCC a été mise en branle en 1992 lors du sommet de Rio.
En 1995, le second rapport du GIEC invitait la communauté internationale à mettre en place des mesures d’atténuation permettant de réduire les émissions des GES et d’inverser ainsi la tendance sur le réchauffement de la planète. En 1997, le protocole de Kyoto a vu le jour lors de la COP 3 avec pour principale recommandation une réduction en moyenne de 5% des émissions de GES à l’horizon 2012.
Le 3eme rapport du GIEC a été publie en 2001 et il attirait l’attention sur le fait que l’atténuation ne peut plus à elle seule résoudre les problèmes ; il faut aussi tenir compte de l’adaptation des populations les plus vulnérables face aux effets du CC. Les accords Marrakech en 2001 ont mis les bases de cette recommandation avec l’institutionnalisation de trois (3) fonds lors de la COP 7: le fonds pour les pays les moins avances, le fond spécial du changement climatique et le fond d’adaptation.
Le 4e rapport du GIEC publié en 2007 a souligne le fait que le niveau d’émission des GES est tel qu’on ne peut plus inverser la tendance et qu’il faut forcement s’attendre a des effets très graves auxquels les populations doivent s’adapter. Il faudrait donc non seulement continuer la mise en oeuvre des mesures d’atténuation mais surtout aider à mettre en place les stratégies d’adaptation aux conditions difficiles induites. Le plan d’action de Bali lors de la COP 13 en 2007 a dégage un certain nombre de mesures devant aboutir en 2009 aux accords de Copenhague lors de la COP 15. Ces accords doivent tenir compte à la fois de l’atténuation, de l’adaptation, du mécanisme de financement et du transfert de technologies qui a fait l’objet d’un rapport spécial par le GIEC entre le 3e et le 4e rapport.
Une série de rencontres a été planifiée pour permettre aux négociations d’aboutir à Copenhague. Ces rencontres sont prévues en Juin et Octobre 2008 et 2009.
La récente rencontre de Dakar organisée par le CLACC et l’IIED fait partir de ce processus d’information et de préparation des organisations de la société civile dans le cadre des négociations post 2012.
Dans le même ordre d’idée, le fond d’adaptation dont le comité de gestion a été mise en place lors de la rencontre de BALI doit être considéré comme un moyen permettant de toucher les populations vulnérables au niveau local. Ce fond est principalement financé par un prélèvement de 2% sur les crédits issus du mécanisme de développement propre.


Les enjeux pour les négociations post 2012

Les accords post 2012 pencheront certainement vers des mécanismes du marché pour viser la réduction/stabilisation des émissions de GES. Ces mécanismes devront tous comporter des mesures contraignantes importantes afin de générer le financement nécessaire pour répondre aux besoins d’adaptation qui ne cesseront d’augmenter au cours des prochaines décennies.
Pour faire face aux impacts croissants des changements climatiques, les mécanismes d’adaptation devront aussi être élargis pour la prochaine période d’engagement, et appuyés par de l’aide et des compensations de la part des pays riches émetteurs.
Ainsi il faudrait intégrer de façon claire au régime post 2012 le financement de l’adaptation, les mécanismes de transfert des technologies nécessaires à l’adaptation et au développement durable, et le soutien au projet d’adaptation à l’échelle locale, des collectivités et des communautés.
Il faudrait mener des analyses supplémentaires pour mieux comprendre la faisabilité de l’adaptation par rapport aux effets des impacts des changements climatiques, les coûts réels des interventions, et leur valeur ajoutée par rapport a l’inaction. Les résultats du quatrième rapport du GIEC, le rapport Stern et le programme de Nairobi devront servir de guide. Cependant, ceci ne devra en aucun cas servir de prétexte pour ne rien faire

Source : renforcement de capacité des ONG francophones : les enjeux climat pour après 2012. ENDA